Pourquoi prend-on parfois de si mauvaises décisions d'argent, même quand on en a les moyens? Dans cet épisode de J'aime ta compagnie, Marie-Michèle Bélanger reçoit Amélie Ann Renaud Crevier, thérapeute en relation d'aide spécialisée dans l'engagement à soi et la relation à l'argent. Croyances limitantes, déni, besoins versus désirs et dysmorphie financière : une conversation franche pour mieux comprendre ce qui se cache derrière nos finances personnelles et d'entreprise.
Extraits de l'épisode
Marie-Michèle : J'ai souvent entendu ça dans des entrevues. Ils disaient : « Ben moi, c'est ça ma motivation, j'ai encore peur d'en manquer. J'ai assez d'argent pour vivre jusqu'à ce que je meure, que mes enfants vivent jusqu'à ce qu'ils meurent, que leurs petits-enfants et leurs arrière-petits-enfants vivent jusqu'à ce qu'ils meurent. Et j'ai de l'anxiété financière tous les jours. »
Amélie Ann : Tu as les yeux fermés, tu es dans le déni, tu ne veux pas voir. Donc t'as les yeux fermés. Puis toi, tu conduis pas, fait que soit t'avances pas, soit t'avances, mais tu sais pas où tu t'en vas.
Présentation d'Amélie Ann
Marie-Michèle : On se lance dans un nouvel épisode de J'aime ta compagnie, en compagnie justement d'Amélie Ann Renaud Crevier. Amélie Ann est thérapeute en relation d'aide, spécialiste de l'engagement à soi, principalement pour les thématiques liées à l'argent.
Dans une discussion avec une de mes clientes, j'ai entendu parler d'Amélie Ann, qui lançait sa pratique d'accompagnement à titre de thérapeute en relation d'aide. On jasait argent et je me disais : mais mon Doux, quelle belle thématique! J'ai envie d'inviter cette fille au balado pour qu'elle nous aide à voir un petit peu plus clair dans notre façon de voir l'argent, dans notre relation à l'argent. Alors, bonjour Amélie Ann, bienvenue à J'aime ta compagnie.
Amélie Ann : Bonjour! Merci de m'accueillir.
Nos peurs se répercutent sur nos finances
Marie-Michèle : Écoute, aujourd'hui, on va parler d'argent. Moi, c'est un de mes sujets préférés. Puis déjà, quand on parle d'argent, c'est un peu comme la politique. Dans un souper d'amis, on se met à parler d'argent, puis tout d'un coup, il y a des gens très à l'aise et des gens qui peuvent être mal à l'aise. On voit que c'est une thématique qui n'est pas nécessairement évidente.
Puis toi, justement, dans ton approche, t'accompagnes les gens dans la gestion de leur relation à l'argent, aux finances personnelles. Qu'est-ce qui ressort dans ta pratique quant à la façon dont on gère notre argent personnel, notre argent professionnel, et comment tout ça s'entrecroise?
Amélie Ann : Par exemple, si tu as peur du rejet, ça se peut qu'avec ton conjoint, tu aies de la misère à mettre des limites. Mais si t'as pas d'employé, tu ne seras peut-être pas confronté à ça jusqu'à ce que t'aies un employé. Et là, ton employé te demande une augmentation de salaire, ça te pogne à la gorge, et tu lui dis que tu vas lui donner une augmentation même si tu n'as pas les moyens de l'offrir, parce que t'as peur d'être rejeté, t'as peur de perdre ton employé.
Marie-Michèle : C'est tellement parlant, ton exemple : si on a une peur qui nous habite, elle va se répercuter partout. J'ai même observé ça en accompagnant, par exemple, la direction générale d'un OBNL. Je pouvais voir la personne être hyper économe, suréconome, même au détriment de la mission.
Puis je me disais : qu'est-ce qui est derrière ça? Parce que d'un point de vue de la stratégie de rayonnement de la mission, du plein potentiel de la mission et des finances de l'organisme, il n'y en avait pas, de problème financier. La personne était constamment en train de couper partout, alors qu'il n'y avait pas de raison de couper partout. Puis je me disais : c'est tellement plus émotionnel qu'on pense, nos décisions d'argent.
J'aimerais t'entendre là-dessus, parce que moi, ça m'a fascinée. Dès que tu parlais, je me voyais avec toutes les peurs qui m'habitent et qui m'amènent à prendre de moins bonnes décisions financières.
Les croyances limitantes les plus subtiles
Marie-Michèle : Tu as parlé de la peur du rejet, mais est-ce qu'il y a d'autres croyances limitantes qui peuvent nous nuire sur le plan financier?
Amélie Ann : Bien, c'est sûr qu'il y a des croyances limitantes qui sont subtiles. Ce sont les plus dangereuses, parce que tu ne les vois pas. C'est comme dire : « Il faut de l'argent pour faire de l'argent. » Ou : « Ouais, mais il faut travailler fort, hein! Je vais travailler fort cette semaine, je vais avoir une bonne paie. » C'est lié à des croyances un peu plus générales comme « on est né pour un petit pain » ou « l'argent pousse pas dans les arbres ».
Mais il y a des petites croyances beaucoup plus subtiles, qui se glissent dans les discours quotidiens et qui, qu'on le veuille ou non, ont une influence sur notre perspective des choses. Parce qu'une croyance, ce sont des choses qui t'ont été inculquées ou que toi, t'as intégrées, et qui construisent une croyance.
Au niveau des peurs, c'est sûr que si tu crois, par exemple, qu'il faut que tu travailles super fort, à un moment donné, tu risques d'avoir peur que si tu ne travailles pas fort, tu ne fasses pas d'argent.
Puis là, ça devient limitant pour toi. Parce que si tu as besoin de te reposer (et c'est normal, tout le monde a besoin de se reposer, c'est un besoin humain), ça se peut que tu ne prennes pas soin de toi, que tu t'épuises et qu'au final, tu doives arrêter de force parce que ton médecin va te mettre en arrêt, parce que tu seras au bout du rouleau. Là, tu vas devoir te reposer. Puis ça va confirmer ta croyance que, parce que tu te reposes, tu ne fais pas d'argent. Alors que c'est parce que tu ne t'es pas protégé.
Marie-Michèle : Puis là, ça renforce, ça renforce. Tu vas continuer de croire ça et rester dans le même modèle.
Pourquoi consulter quelqu'un de qualifié
Marie-Michèle : Mais ce que j'ai capté de fascinant dans ce que tu as dit, c'est que c'est important de consulter, d'en parler. Moi, j'irais plus loin. Les entrepreneurs, je vais dire les ambitieux (travail autonome, gestion d'OBNL, tout ça), on va en parler à un conjoint, à une conjointe, à des amis, à nos parents, à nos frères, à nos voisins. Mais ces gens-là n'ont peut-être pas la qualification pour repérer des patterns chez nous.
Moi, je consulte depuis des années la même personne, qui me connaît de fond en comble. C'est fascinant, parce que dans une relation d'aide comme ça, tu ne connais pas l'intervenante de l'autre côté. C'est particulier comme relation, mais c'est quelqu'un qui connaît tellement mes patterns, mes fausses croyances ancrées. Lorsque j'apporte certaines situations, elle va me dire : « Tu te rends compte? T'es encore là-dedans. ». Et je ne l'avais jamais vu.
C'est tellement important d'aller parler de nos enjeux financiers à quelqu'un qui est qualifié pour challenger un peu les affaires, pour nous élever un petit peu au-dessus de la situation, parce qu'on est pris dedans. Moi, quand tu donnais l'exemple de travailler fort, c'est moi tout craché. J'ai toujours eu la peur du manque.
Puis l'autre jour, j'ai découvert que quelqu'un qui a été important dans mon éducation financière, je vais le dire comme ça, avait vécu des choses extrêmement dramatiques dans l'enfance liées à l'argent, à la sécurité physique, physiologique. Et je me suis dit : wow, OK, ça vient de loin. Ce n'est pas juste mon vécu, c'est le vécu d'autres personnes qui m'ont inculqué des choses par la suite. Puis ça nous amène à poser des gestes, à avoir des peurs qu'on ne sait même pas qu'on a.
Amélie Ann : Bien oui. Puis l'affaire, c'est que souvent, comme tu disais, on va en parler à notre conjoint, à nos parents... Mais souvent, les croyances viennent de notre entourage. Elles viennent de nos parents, de la religion que tu as, de l'éducation que tu as eue à l'école, de ce que tu as vécu. Donc c'est sûr que de parler avec des personnes qui sont dans le même univers que toi, ça ne va pas te faire débloquer des croyances.
Marie-Michèle : Ça va te garder dedans...
Amélie Ann : Rarement, à moins que la personne ne fasse du travail.
Marie-Michèle : C'est ça, j'allais dire. Des fois, tu peux faire un travail sur toi qui va t'amener à voir autour de toi : OK, ça, ça me garde dans mon pattern, puis ça, ça me sort de mon pattern. Et être capable de le nommer à ta meilleure amie avec qui tu parles d'argent depuis 10 ans : « Heille, tu te rends compte que ça fait 10 ans qu'on se raconte cette histoire-là? Mais ce n'est peut-être pas tout à fait ça, finalement. ».
Éviter de regarder son compte de banque
Amélie Ann : C'est sûr que ça peut amener certains comportements. Par exemple, dans le document que tu m'avais envoyé, tu avais écrit « j'évite de regarder mon compte de banque ». Ça peut être une réaction à « OK, je travaille fort, mais j'ai peur d'en manquer ». C'est comme une équation : croyance plus peur. C'est une équation qui va peut-être t'amener à éviter de regarder ton compte de banque, à éviter de regarder comment ton budget est fait, ou même à ne pas avoir de budget.
Puis là, ça va avoir des répercussions sur tes finances. Ça va tourner en cercle vicieux, parce que si tu ne prends pas en charge tes finances, qu'est-ce qui va arriver? Tu risques de dépenser n'importe comment, ou tu vas te ramasser à ne pas savoir ce que tu as. Tu entretiens une insécurité qui entretient la peur de manquer.
Ça ne veut pas dire que tu dépenses trop. Il y a du monde, au contraire (j'ai déjà vu ça), qui ne dépense pas, mais qui ne regarde jamais son compte de banque parce qu'elle a peur de manquer.
Marie-Michèle : Mais elle en a plein!
Amélie Ann : Oui, elle en a. Mais là, elle ne prend pas soin d'elle : « Je ne peux pas m'acheter ça, c'est bien trop cher. ». Pourtant, elle a les moyens de s'offrir ça pour répondre à son besoin de se vêtir. Mais parce qu'elle se restreint, elle ne peut pas répondre à ses besoins. Elle ne peut pas prendre soin d'elle comme elle pourrait le faire. Donc c'est un chemin.
Besoin ou désir : magasiner pour se récompenser
Amélie Ann : J'ai vu aussi, dans les questions que tu m'avais envoyées, parmi les exemples de choses que tu voulais qu'on aborde, le magasinage pour se récompenser. J'avais trouvé ça vraiment intéressant, parce que magasiner pour se récompenser, en soi, ce n'est pas un problème. Se célébrer, ça fait partie d'un besoin de l'être. C'est correct de se célébrer. Mais est-ce que tu as pris en considération dans ton budget que t'allais te célébrer?
Marie-Michèle : Est-ce que c'est sain de se célébrer?
Amélie Ann : Ben oui! Mettons que toi, t'achètes un sac de luxe : ben, budgète-le, ton sac de luxe. Puis si tu ne peux pas te permettre le sac de luxe, rappelle-toi que le sac de luxe, c'est un désir. Le besoin derrière le sac de luxe, c'est peut-être la contemplation, le sentiment de célébration, le besoin de partager ça avec tes copines après. Peut-être que c'est ça pour toi, le sac de luxe.
Mais est-ce que ça rentre dans ton budget? Si la réponse est non, comment peux-tu prendre soin de ton besoin de célébrer avec tes copines, de contempler, de célébrer? Ça peut être d'aller au restaurant avec tes copines, d'aller dans un endroit qui est beau, que tu vas pouvoir contempler. Tu peux trouver d'autres solutions si tu comprends c'est quoi, ton besoin.
Mais si t'achètes des sacs de luxe depuis des années parce que c'est une habitude, parce qu'au niveau des neurones, c'est la première chose qui pop, ça ne veut pas dire que c'est la bonne chose à faire. Ça veut juste dire que t'as pris l'habitude de faire ça. Mais ça, ce n'est pas un besoin, c'est un désir. Donc on peut regarder ce que tu peux aller chercher d'autre qui viendrait combler le même besoin.
Marie-Michèle : C'est super intéressant, parce que moi, ça fait 20 ans que je fais des communications et du marketing. Le marketing, c'est une machine à créer des faux désirs chez les gens, à tenter de leur faire croire des choses. Et j'adore ton idée de départager ce qui est un besoin et ce qui est un désir.
Si tu as le besoin d'appartenir à un groupe, par exemple, et que tout le monde autour de toi est beaucoup dans le luxe, l'apparence, la sacoche à 5 000 $... Peut-être qu'en prenant du recul, tu vas te dire : est-ce que c'est vraiment le groupe auquel j'ai le goût d'appartenir? Est-ce que je ne pourrais pas plutôt participer à un comité de jardinage, ou je ne sais trop quoi, m'impliquer dans le comité de parents de telle affaire, ou prendre des cours de chant en groupe? Si j'appartiens à ce groupe-là, je vais me réaliser.
J'aime quand on revient vraiment aux besoins et que tu décortiques ton besoin. Ton besoin n'est peut-être pas du tout lié au chemin que tu avais l'habitude de prendre pour y répondre. Finalement, c'est une autre boucle. Quand t'es pas dans le bon moyen, qu'est-ce que ça fait? Ça ne nourrit pas ton besoin. Fait que tu répètes, et tu répètes, et tu répètes, et tu t'enlises dans une situation financière très, très défavorable, qui va augmenter ton stress.
Amélie Ann : Plutôt que de nourrir ton besoin.
S'endetter ou vendre d'abord?
Marie-Michèle : Et j'irais même jusqu'à dire que ça nourrit, autant du point de vue de l'entreprise que des finances personnelles, les machines de prêts, les machines de crédit. J'entends souvent des gens qui vont trop loin. Quand tu dis « ça prend de l'argent pour faire de l'argent », OK, ben je vais faire un prêt de 150 000 $ pour mon entreprise.
Mais moi, souvent, dans le conseil aux entreprises, je demande : as-tu tout fait ce que tu pouvais pour vendre quelque chose à quelqu'un avant? Si, par exemple, je veux développer des tables et que j'arrive en disant que j'ai besoin de 150 000 $ pour prototyper des tables, bien, est-ce que je suis capable de vendre pour 150 000 $ de tables? Et de dire aux gens qu'il va y avoir un délai de livraison parce que je vais prototyper et prendre leurs commentaires? Là, tu fais des ventes et tu finis avec 150 000 $ et des tables vendues, plutôt qu'avec une dette de 150 000 $ et des intérêts à payer.
Amélie Ann : On les a, les moyens. C'est juste qu'il faut qu'on se les fasse montrer, des fois. C'est pour ça que ma job existe : pour aider les gens à les trouver.
Marie-Michèle : J'adore, j'adore!
Accepter d'avoir besoin d'aide
Marie-Michèle : J'ai une observation aussi, qui est un peu liée à des choses que tu disais. J'ai entendu le mot déni tantôt. Peut-être que certaines personnes ne se rendent pas compte qu'elles ont des croyances, mais peut-être que d'autres voient le problème et se disent : « Je ne vais pas voir mes comptes, je ne regarde plus. ». Qu'est-ce qui est si difficile dans le fait de juste accepter : « Hé, je pense que j'ai besoin d'un coup de pouce » dans tout ce qui touche les finances personnelles et peut-être même professionnelles?
Amélie Ann : Je trouve ça intéressant, la manière dont tu l'amènes, parce que la première chose qui me vient, c'est justement d'accepter d'avoir besoin d'aide. Souvent, les gens vont penser que c'est une faiblesse, alors que ça prend énormément de courage pour se dire : « Hé, OK, je vais aller chercher de l'aide. » Parce que c'est comme ça qu'on grandit, c'est comme ça qu'on se développe, c'est comme ça qu'on apprend sur nous.
Nous, en tant que thérapeutes, on fait un travail acharné sur nous. Pour devenir thérapeute, c'est trois ans et demi d'études, trois ans et demi de travail sur soi, non-stop. Puis on continue. Après l'école, on a des formations à faire, on a des thérapies à faire nous aussi, des régulations. On est constamment en travail sur nous-mêmes.
Quand tu comprends que c'est comme ça que tu vas combler tes besoins, que tu vas prendre soin de toi, et que c'est un travail continuel (qu'on apprend toute la vie et qu'on change toute la vie), ça fait peur. Ça peut faire peur à beaucoup de personnes, parce que ça veut dire qu'il va falloir faire des deuils. Quand tu changes, il y a des deuils à faire. Quand tu comprends des choses, il y a des deuils à faire. Ça veut dire que ta croyance, tu dois faire la paix avec. C'est demandant. Ce n'est pas nécessairement agréable de faire du travail sur soi, mais c'est satisfaisant.
Parce que là, tu comprends comment tu fonctionnes et tu peux aller plus loin. Tu as les outils pour créer de la satisfaction dans ta vie. Des choses que tu ne savais pas, maintenant tu les vois. Et comme tu dis, les humains sont très créatifs. Même ceux qui disent « non, je ne suis pas créatif » : t'es créatif, tu ne le sais juste peut-être pas.
Marie-Michèle : Non, on l'est, c'est vrai. Il y a des solutions, il y a plein de solutions.
Je t'écoutais et je me disais que prendre soin de ses finances, de mon point de vue (j'ai eu 40 ans, et avant, je ne pensais pas ça), c'est une façon de prendre soin de soi. On est dans une société où ça prend de l'argent pour avoir un toit sur la tête, pour manger, pour s'épanouir, s'accomplir, prendre des risques, avoir des loisirs, etc.
Donc, prendre soin de ses finances, autant en affaires que dans notre vie personnelle, c'est pour moi une façon de prendre soin de soi. Mais ça demande du courage. Ça demande de faire face à des patterns. C'est très inconfortable de changer. Ça demande aussi d'accepter qu'on n'a pas toujours pris de bonnes décisions dans le passé. Quand tu vois les états financiers dans le rouge et que tu te dis : « Hum, OK, je fais face au fait que je n'ai pas pris les meilleures décisions. Elles étaient bonnes au moment où je les ai prises, mais avec le recul, j'ai du travail à faire sur la façon dont j'investis ou dont je décide où va l'argent. »
Amélie Ann : Oui, exactement. On fait du mieux qu'on peut avec ce qu'on a. Mais c'est d'aller chercher plus pour faire avec ce que tu as.
Le déni, comme conduire les yeux fermés
Amélie Ann : Le déni, c'est fascinant, parce que c'est un mélange de peur et de zone sensible. Mettons que tu as une zone sensible d'humiliation liée à l'argent : tu vas entretenir cette peur-là, puis la peur va entretenir la zone sensible. Ça va faire en sorte que tu ne voudras pas aller voir ton compte de banque.
La manière dont j'imagine le déni, c'est comme le conducteur d'un véhicule. Au niveau personnel, tu es dans une auto. Au niveau professionnel, tu es soit dans un autobus, soit dans un avion. Et tu as les yeux fermés. Tu es dans le déni, tu ne veux pas voir. Et comme tu ne conduis pas, soit t'avances pas, soit t'avances, mais tu ne sais pas où tu t'en vas.
Moi, ma job, c'est de me mettre à côté de la personne et de lui dire : « Là, en ce moment, t'es en train de foncer directement dans une bâtisse. Ce que je vois, c'est qu'en ce moment, il y a un piéton qui traverse la rue. ». Je montre les choses. Ce que je vois, c'est que t'as les yeux fermés et que tu ne vois pas ça. Tu ne vois pas ça. Tu ne vois pas ça.
Puis là, tranquillement, la personne finit par accepter, comprendre, être douce avec elle-même, et elle va ouvrir les yeux. Elle va voir que, OK, je peux faire ci, je peux faire ça. C'est de reprendre du pouvoir sur sa vie, en fait. C'est d'avoir quelqu'un à côté de toi pendant que tu n'es pas capable d'ouvrir les yeux parce que tu as trop peur, quelqu'un qui te donne la main et qui te dit : « On va le faire ensemble. » C'est comme ça que je vois mon travail.
Les signes qu'on est peut-être en déni
Marie-Michèle : J'ai une question. Tu vas peut-être me dire que tu n'as pas la réponse, mais d'un point de vue financier, est-ce qu'on peut observer des signes tangibles, accessibles, qui pourraient nous amener à nous demander : est-ce que ça se peut que je sois en déni?
Amélie Ann : Si tu n'es pas capable de suivre ton budget, si tu n'es pas capable de regarder ton compte de banque, si ça te stresse, si tu sens un vide dans ta vie, même au niveau entrepreneurial... Si tu sens qu'il y a quelque chose, tu ne sais pas quoi, quelque chose d'insatisfaisant, ça veut dire que t'es pas aligné avec toi-même. Un vide, un sentiment d'inconfort, quelque chose qui ne fait pas de sens. À ce moment-là, ça peut être un bon indice pour te dire : « Ben, peut-être que je devrais aller consulter Amélie Ann. ».
Marie-Michèle : J'aime beaucoup ce rapport-là : OK, je me sens vide, je sens le besoin de combler quelque chose, il y a quelque chose qui n'est pas fluide, et je veux voir clair là-dedans. De mon point de vue, ce n'est pas quelque chose qui se règle en donnant un coup pendant six mois : là je me sens vide, puis après je vais me sentir pleine.
C'est un projet de vie, ce dont on parle : arriver à être bien avec nous-mêmes, à s'aimer, à être bien dans nos relations, à gérer l'argent de façon à répondre à nos besoins et à trouver un équilibre là-dedans. Il y a souvent des déséquilibres dans la vie. La vie, c'est la vie : il y a des hauts, des bas, des courbes. Par contre, est-ce que j'arrive à garder un certain équilibre sur ma barre? Et quand je tombe, est-ce que je remonte rapidement ou je reste tombé·e longtemps?
Amélie Ann : Et aller chercher de l'aide pour se relever. Être conscient : « Là, je suis en train de tomber, je vais me faire aider tout de suite avant d'être vraiment au fond, pour remonter la pente. ».
Se connaître pour mieux gérer son argent
Amélie Ann : Et t'aider à te comprendre et à te connaître. C'est fou, les statistiques là-dessus. Je ne me souviens plus exactement, mais je pense que c'est 10 ou 15 % de la population qui se connaît vraiment.
Donc c'est tellement important, en tant qu'entrepreneur, d'apprendre à se connaître. C'est pour ça que je me spécialise auprès des entrepreneurs. J'ai vu tellement de monde souffrir psychologiquement à cause de leur patron. En entendant comment ces patrons fonctionnaient et comment ils géraient ça, moi, j'étais comme : « Ohhh, dites-leur de m'appeler! Je vais les aider pour que ça puisse vous aider. ». Ça a de l'impact.
C'est important de comprendre qu'on est conscients; c'est juste qu'on ne se connaît pas. Dans l'étude, ce qui était vraiment intéressant aussi, c'est que le monde pensait se connaître. Même ceux qui avaient fait du développement personnel pensaient se connaître. Non. Parce que se connaître, ce n'est pas juste avec soi-même, c'est aussi en relation avec les autres. Qu'est-ce que les autres perçoivent de toi? Est-ce que tu es complètement conscient de ce que tu dégages, de ce que les autres ressentent en ta présence?
C'est intéressant de comprendre notre fonctionnement pour voir comment on est en société, comment on est avec les autres, comment les autres se sentent avec nous. En tant qu'entrepreneur, c'est super important, parce que la façon dont le monde se sent avec toi a un impact direct sur eux, sur leur fonctionnement, sur leur vie de famille. Fait que d'être consciente de ça, c'est super important.
Marie-Michèle : Ultimement, en gestion, t'auras pas les résultats escomptés. On a nos sentiments, on pose des actions et ces actions donnent des résultats en gestion. C'est la même chose avec notre gestion d'argent : si c'est décalé par rapport à nos vrais besoins ou désirs, ce n'est pas satisfaisant.
Amélie Ann : Effectivement. Ce qui me vient, c'est que dans cette situation-là, il peut aussi y avoir une peur d'être rejetée par les autres : « Si je ne suis pas comme les autres, peut-être que je vais être rejetée. ». Ça peut faire en sorte qu'il y a un vide constant.
Marie-Michèle : Tu t'endettes, tu fais des prêts d'entreprise pour faire semblant que tu réussis en affaires, alors que ton modèle ne tient pas. Au lieu de faire le ménage dans ton modèle d'affaires (ou, même chose au personnel, au lieu de faire le ménage dans tes dépenses ou dans tes vrais besoins) et d'y aller avec les moyens que tu as, tu t'endettes sur des cartes de crédit, des marges de crédit, et là, tu deviens anxieux. C'est là qu'il y a une roue qui s'enclenche. C'est pour ça qu'avec l'argent, je trouve qu'il y a un cercle vicieux : rapidement, ça peut empirer, ou rapidement, tu peux t'élever et être bien. Mais ça prend de l'aide, comme tu disais.
La dysmorphie financière
Marie-Michèle : Justement, dans nos premiers échanges, tu parlais de dysmorphie financière. Je ne connaissais pas ce concept-là. J'aimerais que tu nous l'expliques, pour nous outiller et qu'on soit très au fait de ce concept-là quand on prend des décisions financières.
Amélie Ann : La dysmorphie financière, c'est le désalignement entre tes besoins et tes finances. Tes finances ne sont pas alignées sur les besoins que tu as. Ça peut t'amener à vivre avec du manque, à vivre avec de la jalousie. Si tu ne travailles pas sur toi, tu peux même tomber dans la comparaison avec les autres.
Au contraire, tu peux avoir énormément d'argent et être super malheureux parce que tu n'as pas fait le travail sur toi. Ça ne sera pas aligné. Dans tes décisions financières, tu vas dépenser pour le paraître, pour faire partie d'un groupe. Intérieurement, tu vas être vide. Tu ne vas pas être plus heureux, tu ne vas pas être plus satisfait de ta vie, parce que ce n'est pas aligné avec la personne que tu es, parce que tu ne te connais pas encore. Donc c'est important de se connaître profondément pour pouvoir ensuite aligner nos finances avec nos réels besoins.
Ça se peut qu'il y ait des personnes qui aiment vraiment les belles choses. Ben oui, les belles choses, ça coûte cher. Fait que oui, ça va te prendre beaucoup d'argent, ma belle. C'est normal. C'est aussi de valider que c'est OK. C'est OK de faire de l'argent. Tu veux être millionnaire? Ben dis-le. Dis-le, fais-le. Je veux être la première à t'applaudir, la première à être derrière toi. Moi, je trouve ça beau, les gens qui ont de l'ambition, qui veulent du succès, mais un succès qui leur ressemble. Ça, c'est important pour moi.
Marie-Michèle : Tellement.
Riches et anxieux : la tolérance au risque
Marie-Michèle : T'as raison. Moi, j'ai toujours eu un salaire normal, je vais dire ça comme ça. J'ai toujours fait partie de la classe moyenne. J'ai observé des gens qui ont beaucoup manqué d'argent et j'ai côtoyé des gens extrêmement riches. Il m'est arrivé de côtoyer des gens riches, ou d'entendre des gens très riches en entrevue, nommer exactement ce que tu viens de dire : « J'ai assez d'argent pour vivre jusqu'à ce que je meure, que mes enfants vivent jusqu'à ce qu'ils meurent, que leurs petits-enfants et leurs arrière-petits-enfants vivent jusqu'à ce qu'ils meurent. Et j'ai de l'anxiété financière tous les jours. ».
J'ai souvent entendu ça dans des entrevues. Ils disaient : « Ben moi, c'est ça ma motivation, j'ai encore peur d'en manquer. ». Fait que j'en veux plus, pis plus, pis plus. Mais c'est là que tu dis : attends, ce n'est peut-être pas aligné, t'es pas bien en dedans de toi. L'idée, c'est d'être bien, d'être serein, que ce soit sain. Qu'on devienne des minimalistes qui vivent avec très peu d'argent ou qu'on veuille un rythme de vie qui en nécessite beaucoup.
Ce que je lis entre les lignes, c'est qu'à un moment donné, t'arrives dans la gratitude face à ta vie. Tu te dis : « Hé, wow, j'apprécie cette vie, j'apprécie ce salaire, qu'il soit petit ou gros. Je l'aime, ma vie, comme elle est. Ça me ressemble. ».
Amélie Ann : Exact. C'est de trouver ce qui te ressemble à toi et de créer un équilibre autour de tout ça. Tu parlais aussi de personnes super riches qui ont de l'anxiété financière. Moi aussi, j'en ai croisé, des gens super riches qui nous disaient : « Non, tu ne veux pas faire de l'argent, c'est ben trop stressant. ».
Marie-Michèle : Ben oui! C'est clair, ça augmente!
Amélie Ann : OK, OK, je comprends, je saisis. Pour parler de personnes super riches qui se sentent insécures financièrement : j'ai rencontré quelqu'un comme ça, qui me disait « Fais pas d'argent, tu vas stresser. ». Mais ce que j'ai compris, avec le recul et avec la formation que j'ai faite, c'est que cette personne-là se mettait dans des situations qui la stressaient. Donc elle avait une mauvaise connaissance d'elle-même. Peut-être qu'elle dépensait un peu trop par rapport à son confort personnel, à ce qu'elle était capable de tolérer. C'est ça qui est à prendre en compte : comprendre comment on fonctionne et être à l'aise.
Il y a des personnes qui sont super à l'aise avec le risque. Je parle souvent de Luc Poirier dans mes vidéos sur les finances, parce que je trouve que c'est un bon exemple de quelqu'un qui représente le risque. Il l'a dit clairement dans les téléréalités : il est à l'aise avec le risque. Lui, il dort bien. Tant mieux. Mais peut-être que d'autres personnes, avec les mêmes finances, diraient que c'est stressant de faire de l'argent.
Lui, il n'est pas stressé parce qu'il a fait cet argent-là et il l'a dit plein de fois : il est capable de le refaire. C'est juste du matériel. Il est détaché de ce qu'il possède, donc il se sent à l'aise. Mais une personne qui vit la même situation et qui est plus attachée à ce qu'elle possède, ça va peut-être être plus difficile pour elle. Peut-être qu'elle a plus peur de perdre, peut-être qu'elle porte des traumas liés à la perte. Peut-être que ce n'est pas juste du matériel, peut-être que c'est relationnel, qu'elle a perdu des relations à cause de l'argent. Fait que ça devient plus lourd. Dans la même situation financière, elle pourrait faire de l'anxiété généralisée et devoir aller voir le médecin.
C'est de comprendre comment toi, tu fonctionnes. C'est quoi, ton seuil de tolérance? C'est la même chose pour la bourse : il y a des seuils de tolérance au risque en bourse, on va te poser des questions. Mais c'est aussi de comprendre comment l'argent fonctionne. Des fois, les gens ne sont pas curieux de comprendre le fonctionnement, d'aller chercher de l'information, d'essayer de comprendre réellement le domaine. Donc ils délèguent : « Non, je ne veux pas en entendre parler. ». Mais là, ils entendent quelque chose sur le marché boursier et ils se mettent à stresser. Si tu prends le temps de t'informer, de te sécuriser et de comprendre comment ça fonctionne, peut-être que tu n'auras pas de stress.
Décisions difficiles et zone de confort
Marie-Michèle : Comment je fais pour savoir si je suis sur la bonne voie ou si j'ai besoin d'aide?
Amélie Ann : Prendre rendez-vous avec quelqu'un qui est spécialiste pour t'aider à clarifier. Parce que si tu te poses la question, c'est que ce n'est pas clair pour toi. Donc viens me voir. Je vais prendre le temps de regarder avec toi comment tu te sens, c'est quoi tes émotions, c'est quoi tes croyances, c'est quoi tes peurs. On va démêler tout ça et on va pouvoir regarder ensemble : est-ce que c'est la bonne décision pour toi? Est-ce qu'il y a des choses qui peuvent être mises en place pour t'apaiser, apaiser tes peurs, pour pas que ça se transforme en stress éventuellement?
Quelque chose qu'on peut mettre en place pour créer de l'apaisement, pour créer plus de satisfaction. En fait, c'est toujours de chercher comment je peux créer plus de satisfaction. Être sur l'adrénaline non-stop, ce n'est pas nécessairement normal. Oui, en tant qu'entrepreneur, tu vas vivre des montées d'adrénaline, c'est normal, ça vient avec les risques. Et prendre des décisions difficiles, ça fait partie de la vie. Bien souvent, les bonnes décisions sont difficiles à prendre.
Donc c'est d'être capable de comprendre : est-ce que c'est une décision difficile, ou est-ce que je suis en train de me sacrifier, de me brûler? C'est de voir c'est quoi ta zone de confort, qui tu es. Ça va être vraiment propre à chaque personne.
C'est ça que j'aime de mon approche : c'est vraiment propre à chaque personne. Je ne vais pas te dire « fais A, B, C ». On va regarder ensemble comment tu fonctionnes, ce qui te crée de l'apaisement, ce qui t'aide, toi. C'est comme ça qu'on va trouver une façon de faire pour que tu sois confortable. Moi, je mise sur le confort, et sur l'inconfort pour sortir et monter de niveau à chaque fois, tout en essayant de créer une nouvelle zone de confort autour de l'ancienne. Parce que pour que tu ailles dedans, il faut que tu sois quand même minimalement confortable.
Marie-Michèle : Comme un sentiment de sécurité. Moi, je me plais souvent à dire qu'une décision, c'est toujours difficile, sinon ça n'en serait pas une : tu n'aurais pas à trancher. Quand tu as de la difficulté à décider, c'est qu'il y a beaucoup de considérations, que tu vas devoir renoncer à plusieurs choses de part et d'autre et que tu ne sais pas comment prendre une bonne décision.
Souvent, dans mon observation en accompagnement d'entrepreneurs, j'en vois qui se coupent un salaire au lieu de prendre des décisions difficiles. Et je suis la première à avoir fait ça dans ma vie : couper mon salaire au lieu de prendre des décisions d'affaires difficiles, par évitement. J'aime beaucoup que tu dises : « Moi, je vais aider la personne à prendre les meilleures décisions pour elle, pour qu'elle vive dans une forme de bien-être. ».
Merci beaucoup d'avoir partagé tout ça. J'adore parler d'argent. L'argent, c'est une énergie. L'argent, c'est subtil. L'argent, c'est teinté de notre éducation, de nos gènes, de nos valeurs profondes. Je trouve que souvent, on parle d'argent comme si c'était quelque chose de superficiel. Mais je pense que même avant que l'argent existe, à l'époque du troc, il y avait quelque chose d'important dans notre rapport au matériel, de par notre présence sur la planète. C'est quand même une partie importante du fait d'être humain : se sentir en sécurité et se donner les moyens de ses ambitions.
Les projets d'Amélie Ann
Marie-Michèle : En fin d'entrevue, j'aime découvrir la personne derrière l'entreprise. C'est quoi, ton grand projet de développement cette année, qui te demande peut-être du courage sur le plan financier?
Amélie Ann : Pourquoi pas! En ce moment, je travaille sur un petit projet de mini-balado avec une amie. Ça va s'appeler Conversation entre thérapeutes. C'est une petite série, une petite série le fun. On va voir si les gens aiment ça. S'il y a de la demande, on va peut-être en faire d'autres.
Je travaille beaucoup à créer ma communauté sur les divers réseaux sociaux. Je suis sur Instagram, TikTok, Facebook et LinkedIn. Je suis sur toutes les plateformes. Je travaille à créer une communauté pour éduquer les gens sur la connaissance de soi. C'est sûr que ce n'est pas comme être en individuel avec moi, mais je donne ce que je peux. C'est toujours le fun de partager.
Je travaille aussi sur l'écriture de mon livre. C'est un livre sur le succès par l'engagement à soi. Pour moi, l'engagement à soi, c'est la clé du succès. Je vais aussi travailler prochainement sur ma première conférence, pour tester un peu les sujets qui vont être dans mon livre. Donc ce sont des mini-projets ici et là.
Et bien sûr, développer ma clientèle un peu plus, parce que, comme tu l'as dit, ça ne fait pas très longtemps que je suis diplômée, donc il me reste encore des places à l'agenda. Je travaille là-dessus aussi. Ça représente un petit défi financier, de devoir investir dans des publicités ici et là pour me faire connaître.
Marie-Michèle : C'est le fun, parce que toi aussi, tu as élargi ta zone de confort en prenant des risques. C'est dur, un lancement. Quelqu'un m'a déjà parlé de l'image du lancement d'une fusée. Quand tu lances une fusée, ça demande énormément d'énergie, mais à un moment donné, elle atteint une vitesse de croisière, elle plane, elle gravite, et tout va bien. Mais l'énergie du lancement, chapeau, ça demande beaucoup de courage.
On va mettre tous les liens vers toi dans les notes d'épisode, si les gens veulent se faire accompagner, apprendre à se connaître.
J'aime beaucoup ce que tu as dit par rapport à une vision du succès orientée vers soi : être bien en soi, prendre des décisions pour soi sans que ce soit nécessairement au détriment des autres, mais revenir à soi. J'aime toujours qu'on remette en question, collectivement, ce qu'est réellement notre vision du succès. Parce que je pense qu'on vit dans une société où ce qu'on a défini comme le succès (je vais aller loin dans ce que je dis) nous rend un peu malades comme société. Ça nous éloigne un peu de ce que c'est, être humains ensemble pendant la courte vie qui nous est gracieusement offerte.
Alors j'aime bien quand chacun d'entre nous s'invite à se demander : c'est quoi, pour moi, ma vision du succès? Comment je vais m'y prendre, comment je vais aller à la rencontre de moi-même, oser prendre des décisions peut-être difficiles, peut-être différentes de celles de mon voisin, mais qui me ressemblent au fond, et qui goûtent meilleur, finalement.
Amélie Ann : Je souhaite que le monde soit capable de l'identifier.
Marie-Michèle : Avec ton aide! On les envoie vers toi. Merci beaucoup de ta générosité, d'avoir parlé de gestion financière, de croyances (attention, tout n'est pas une vérité). Je retiens aussi le rapport à nos vrais besoins : se connaître soi-même, clarifier nos besoins pour prendre des décisions financières ajustées, alignées sur nos besoins et sur nos moyens, pour ne pas tomber dans la dysmorphie financière. Merci pour tout, et je te dis à bientôt.
Amélie Ann : À bientôt, merci beaucoup, bye bye!
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